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Ma jupe portefeuille

En grandissant, on apprend qu’il y a un certain nombre de choses que nous ne choisissons pas. En particulier les personnes avec qui nous travaillons. Pour certains, ça s’apparente un peu à la famille: si l’oncle Robert ne cesse de vouloir orienter la conversation sur un thème dont vous ne voulez pas entendre parler ou si votre sœur est une peste et le montre bien, vous devez quand même vous les coltiner à Noël (Je signale que ceci n’a aucun rapport avec la réalité: si des membres de ma famille passent par là, je vous aime tous!).

Eh bien au travail, c’est pareil: même si vous êtes dirigés par des chefs à la courte vue et au grand égo, vous êtes obligés de faire avec. Mais là où on peut se souvenir que l’oncle Robert a quand même de bons côtés (c’est toujours lui qui apporte les meilleurs chocolats) et que vous avez tellement de bons souvenirs avec votre sœur que ça pourrait remplir un livre, au travail, ces bons cotés restent un peu plus… cachés?

Alors moi, quand je ne peux plus supporter les personnes qui travaillent avec moi, je m’imagine couturière. Que dis-je? Styliste! Fashion queen, même! Même que Cécile de France irait chercher son césar dans une robe dessinée par mes soins et qu’on aurait aperçu Kate Middleton porter une jupe et un chemisier sortant de mes ateliers dans les couloirs de Buckingam!

Le placard d’une modeuse respectable ne pourrait pas se passer de contenir une de mes créations, les petites filles rêveraient d’être moi et l’argent coulerait à flots.

On peut dire que quand les gens m’énervent, je deviens franchement mégalomane, mais je suis sûre que vous avez de ces rêves cachés, vous aussi (rêver d’écraser la tête de votre chef sous votre talon n’est pas mieux: ne vous cachez pas!).

Alors, pour m’approcher de mes rêves de grandeur j’imagine des pièces, je les peaufine et, de temps en temps, je passe à la réalisation.

Celle que je vous présente aujourd’hui serait un peu juste pour les césars (Cécile, si tu me lis, appelle moi: on peut s’arranger!) mais comme je n’y ai pas encore été invitée, j’ai décidé de me rabattre sur quelque chose qui conviendrait à mon quotidien: une jupe droite toute simple avec une touche d’originalité (Eh oui: pas de fashion queen sans originalité!…)

Il s’agit donc d’une jupe réversible avec un pan asymétrique.

J’aime bien faire des vêtements réversibles car c’est toujours intéressant d’associer les deux tissus: ils doivent, à la fois, bien aller ensemble et se suffire à eux même. De plus, ils sont doublés, donc les finitions sont nickel et, comme ils demandent une plus petite quantité de chaque tissu, on peut piocher dans ses chutes.

Pour la première version, j’ai utilisé un reste de velours côtelé que j’avais acheté pour faire des pantalons et le reste du molleton à paillettes utilisé pour ce sweat. Comme le molleton a été cousu sur un tissu chaîne et trame, j’ai décidé de faire comme si il l’était aussi. Finalement, l’élasticité du jersey a rendu les choses un peu plus difficile que ce que je pensais au début mais je suis arrivée au bout.

Il y a quand même plusieurs défauts dans cette jupe: le premier est l’absence de poches et le second la ceinture: je l’avais fait dans une bande toute droite et ce n’est pas du tout la bonne méthode (rapport au fait que nous ne sommes pas des tubes).

Pour la seconde version, j’ai utilisé un tissu rouge et poilu que mon mari m’avait offert à Noël: malgré la description que j’en fais et qui doit vous paraître peu engageante, il est très beau et, comme il n’y avait qu’un mètre, ça le rendait parfait pour ce projet! Je l’ai associé avec le reste de mon pantalon safran.

J’avais inventé pour cette jupe un système tout à fait révolutionnaire et novateur de poches réversibles qui avait pour seul défaut de ne pas fonctionner du tout. Exit les poches, donc: je les ai refermées et c’est une deuxième version sans poche que nous avons (je vais prendre un sac à main, OK).

En ce qui concerne la ceinture (que j’ai oublié de faire prendre en photo, je ne peux donc pas vous la montrer), je l’ai élargie et incurvée. Pour le coup, je trouve que c’est une réussite.

Maintenant, je me pose une question: puis-je donner un nom à un modèle qui ne serait présent que dans ma garde robe? Ou est ce que ça me donnerait l’air vraiment prétentieuse? Ce qui amène une seconde question: jusqu’où puis-je pousser la prétention ici sans que ça ne se voit trop?

Après tout ça, même si je ne suis pas encore patronne d’une multinationale consacrée à la mode, j’ai une jupe « Étoile de chêne » dans mon dressing. Vous remarquerez d’ailleurs qu’elles sont portées ici avec ce perfecto.

Je peux donc, sans perdre la face, redescendre de mon nuage et retourner travailler pour ceux qui, malgré tout, ont ma fiche de paie entre les mains.

Ou tout plaquer et partir pour un trek en Australie.

Ou me lancer dans la chanson.

Ou devenir présidente de la république.

Ou…

Je vous laisse, sinon on va vouloir m’hospitaliser de force!

4 réponses sur « Ma jupe portefeuille »

Tu m’as bien fait rire avec cet article ! J’espère que tes collègues ne te lisent pas 😉 En tout cas j’aime beaucoup ce modèle de jupe moi aussi ! Classique mais avec ce petit « twist » donné par l’asymétrie. Bref je valide ! Et je valide également le fait de donner un nom à ton modèle ! A quand la e-boutique ? 😉 Bises !
Aurélie.

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Tu as raison, je vais attendre un peu avant de faire de la publicité pour mon blog au travail 😇.
Pour la e boutique… J’ai déjà du mal à maîtriser WordPress donc je crois qu’il faudrait que je me forme un peu…

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